23.10.2008
De quoi demain sera-t-il fait?
En présence de la crise mondiale qui se développe sous nos yeux, et qui annonce manifestement une recomposition du système capitaliste et donc des différentes classes sociales qui en constituent la structure fondamentale, nous recommandons à chacune et chacun de se référer en particulier à la présentation qui est faite du livre récemment paru "Entretiens avec Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Ilitch Lénine" sur :
http://petitdemangecuny.canalblog.com

Par ailleurs, nous invitons les personnes qui souhaiteraient participer à un travail d'analyse approfondie - en termes marxistes - des conditions économiques, sociales, politiques et culturelles dans le monde d'aujourd'hui, à entrer rapidement en relation avec nous.
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15.12.2007
Basses manoeuvres des Ogres - 12
En route pour le pire...
Alliée de l'Angleterre, la France était donc, comme elle, en guerre contre l'Allemagne nazie depuis le 2 septembre 1939. On le sait, la guerre n'est jamais spécialement "drôle". S'il en fut de drôles, on n'en connaît aucune qui, après le premier sang versé, le soit demeurée longtemps. Mais la guerre, qui s'est déroulée du 2 septembre 1939 au 10 mai 1940 entre la France et l'Allemagne d'Hitler, restera à tout jamais "la drôle de guerre". Si son caractère drolatique n'est pas contestable, ce n'est toutefois pas dire qu'elle ait été spécialement amusante... Pas plus amusante qu'une partie de poker menteur, mais pas moins pour ceux qui, tout en se faisant des peurs bleues, pensaient avoir toutes les bonnes cartes, et quelques autres plus ou moins fausses qu'on pourrait brandir devant les yeux du "bon peuple" qu'il était impératif de mystifier.
Le bon peuple, c'est-à-dire le "populaire", celui qu'on avait vu se rassembler au titre d'un certain "Front Populaire", terreur des possédants. Or, comme Lénine l'a écrit : "Même en temps de guerre, la lutte des classes à l'intérieur a infiniment plus d'importance que la lutte contre l'ennemi extérieur."
Le côté très particulier de la première phase de la seconde guerre mondiale, c'est que l'ennemi intérieur, communiste et cégétiste, trouvait son répondant à l'extérieur : l'U.R.S.S. Et voilà ce que Hitler ne voulait pas entendre. Pire : oublieux de tous ses devoirs, de ce pour quoi on l'avait adoubé à Munich, l'anticommuniste parfait n'avait pas hésité à inscrire très officiellement sa volonté de non-agression envers ce diable de Staline dans un pacte lancé comme un crachat à la face de ceux qui étaient venus s'humilier devant lui et devant Mussolini le 30 septembre 1938!...
Qu'à cela ne tienne. Après la veulerie de Daladier, voici la fougue de son ministre des Finances, Paul Reynaud, qui, le 23 mars 1940, prend sa place dans le fauteuil de la présidence du Conseil. Or, Paul Reynaud, c'était l'homme qui, à la fin de 1938, avait obtenu l'anéantissement de la loi des 40 heures, ce qui avait été formalisé par les décrets-lois dont le principal rédacteur aura été un certain Michel Debré qui n'en était, semble-t-il, pas peu fier...
Deux jours après son accession à la tête de l'exécutif, Paul Reynaud adresse à l'allié britannique une communication dont voici les passages essentiels: "Pour ressaisir l'initiative qui leur a échappé, il importe que les deux Gouvernements, forts de l'enseignement des derniers événements, s'appliquent sans tarder à dégager des circonstances présentes toutes les possibilités qu'une conduite énergique et audacieuse de la guerre leur permet encore d'exploiter." Paul Reynaud évoque d'abord le contrôle des eaux territoriales norvégiennes, puis... "Sur la mer Noire et la Caspienne, une opération aussi décisive s'impose aux Alliés non seulement pour restreindre le ravitaillement en pétrole de l'Allemagne, mais surtout pour frapper de paralysie toute l'économie de l'U.R.S.S. avant que le Reich n'ait réussi à la mobiliser à son profit."
Il y a certes un os : "L'absence d'un état de guerre entre les Alliés et la Russie sera peut-être considérée par le Gouvernement anglais comme un empêchement juridique à cette entreprise. Le Gouvernement français ne méconnaît pas cet obstacle. Il estime, pour sa part, que nous ne devons pas hésiter à l'écarter, en assumant, s'il le faut, la responsabilité d'une rupture avec l'U.R.S.S." Voilà pourquoi... "Le Gouvernement français est prêt, si le Gouvernement anglais le juge nécessaire, pour l'entreprise d'une action militaire au Caucase, à examiner immédiatement avec le Cabinet de Londres la meilleure justification à invoquer pour mettre fin à nos relations diplomatiques avec un gouvernement dont nous condamnons les dernières spoliations et dénonçons la collusion, chaque jour plus affirmée, avec le Gouvernement allemand."
Vraiment, comptait-on désormais faire la peau à la fois à l'Allemagne et à l'U.R.S.S.? Evidemment non!... Faut-il, en conséquence, retenir ici la petite voix qui annonce la trahison des élites françaises : "Hitler, Hitler, m'entends-tu?"
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04.12.2007
Un petit Poucet nommé Pierre Cot - 7
Jean Moulin n'est pas né en 1941 du cerveau fertile de Charles de Gaulle, ni en 1964 d'un discours enflammé d'André Malraux. Il est né de l'exceptionnelle amitié qui l'a lié pendant quinze années à Pierre Cot.
En effet, nos deux petits Poucets, Jean Moulin et Pierre Cot, s'étaient rencontrés dès 1925. Le premier était alors chef de cabinet du préfet de la Savoie; le second entamait une carrière politique qui devait le mener en 1932 au sous-secrétariat d'Etat aux Affaires étrangères, Jean Moulin devenant aussitôt son chef de cabinet. Après un bref moment de séparation pendant lequel il était devenu ministre de l'Air, Pierre Cot offre à nouveau, en septembre 1933, la fonction de chef de cabinet à Jean Moulin. Le même duo, attaché aux mêmes fonctions, se remettra en place dès le 4 juin 1936, au lendemain de la victoire électorale du Front Populaire.
En 1943, Pierre Cot devait écrire dans son livre "Le procès de la république" : "Non seulement je m'honore d'avoir été un des partisans et des militants du Front Populaire, mais je demeure obstinément fidèle à la pensée dont il fut l'expression. Je vois dans le Front Populaire la tradition de la révolution française; je pense que seule l'union des forces populaires et révolutionnaires françaises, communistes compris, libérera la France de la domination fasciste et permettra un renouveau de la démocratie." De quelle démocratie veut-il parler? "Je pensais déjà qu'à la démocratie politique devait s'ajouter la démocratie économique et internationale; plus je pénétrais au coeur de la politique française, plus mon expérience administrative et gouvernementale s'enrichissait, et plus je me rendais compte qu'en réalité il ne pouvait pas y avoir de démocratie politique ou de démocratie internationale sans démocratie économique - plus je me rendais compte que pour réaliser l'idéal de la Révolution Française, le suffrage universel est insuffisant : il faut modifier la structure économique et sociale."
Comment, en 1943, l'ami d'un Jean Moulin créateur du tout nouveau Conseil National de la Résistance souverain pensait-il faire avancer l'idéal de la Révolution Française? "L'expérience du Front Populaire a prouvé que, pour accomplir les changements substantiels de structure voulus par le peuple, on doit passer par une période de dictature. Cette dictature doit être démocratique; elle doit être la dictature de la majorité, exercée sous le contrôle des représentants du peuple."
De Jean Moulin, via Pierre Cot, nous voici directement conduits jusqu'à Lénine qui écrivait en 1905 : "La victoire décisive de la révolution sur le tsarisme, c'est la dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie." Et en 1906 : "Mais ce que nous voulons dire, c'est qu'il peut y avoir une dictature de la minorité sur la majorité, d'un groupuscule policier sur le peuple, et qu'il peut y avoir aussi une dictature de l'immense majorité du peuple sur un groupuscule d'oppresseurs, de pillards et d'usurpateurs du pouvoir populaire."
Aurions-nous rencontré là un troisième petit Poucet?...
14:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, front populaire, lénine, révolution française



