16.12.2008
32 - Une dynastie d'Ogres
Petit tour, du côté des ancêtres d'Ernest-Antoine Seillière, par les Wendel.
Vers la fin du Moyen Age, la famille Van Daël vit dans les Flandres, à Bruges, dans ce port d'activité et de passage qui donne à la ville son développement et permet aux grandes familles d'accroître leur fortune, de vivre fastueusement avec une nuée de domestiques à leur service, et de régner sur la cité. Mais les Van Daël, qui possèdent ou affrètent des navires de commerce sillonnant les mers, voient leurs activités réduites, notamment par les guerres de religion, et doivent se séparer des employés qui, par leur travail, constituaient le capital et le faisaient fructifier. Ils émigrent avec le reste de leur fortune en Allemagne.
A la fin du XVIème siècle, Jean Van Daël et son épouse, Marie Van Deren, sont à Coblence. Un capital, privé de sa source de profit principale - le travail -, n'est plus que de l'argent courant en voie d'extinction. Jean, ses fils et petits-fils, n'ont d'autre solution que celle d'entrer dans le métier des armes et de se mettre au service des princes allemands catholiques. Jean-Georges devient colonel d'un régiment de cavaliers croates, des mercenaires qui combattent pour l'empereur d'Allemagne. Coblence étant devenue prise de guerre au profit des Suédois, des Français et des Impériaux, les Van Daël quittent la ville et s'installent en Lorraine. Christian exercera le métier des armes, lui aussi dans la cavalerie, mais au service du duc de Lorraine, Charles IV. En 1660, il convole, en secondes noces et sur le conseil du duc, avec Claire Sauerfeld, une riche veuve de la noblesse luxembourgeoise, propriétaire d'une partie du fief de Longlaville situé à quelque trente kilomètres d'Hayange. En faisant l'acquisition de l'autre partie du fief, Christian devient l'un des vassaux du baron d'Eltz, alors propriétaire des forges d'Ottange. (Les Van Daël sont devenus entre-temps Wendel). Du mariage de Christian et de Claire, sont nés six filles, qui épouseront des seigneurs et barons des alentours, et trois garçons qui connaîtront des fortunes diverses. Jean-Martin, le cadet, sera à l'origine de la dynastie Wendel : c'est l'ancêtre, à la huitième génération, d'Ernest-Antoine Seillière de Laborde.
Au moment où Jean-Martin Wendel accède à l'âge adulte, le duc de Lorraine, Léopold, qui a perdu argent et pouvoir, se retrouve dans la dépendance du roi de France Louis XIV. Alors fermier sur les terres de la vieille baronne d'Eltz, elle aussi issue de la noblesse luxembourgeoise comme Claire Sauerfeld, Jean-Martin se voit confier la direction des forges d'Ottange. La dot d'Anne-Marguerite Meyer, fille du plus riche fermier de Volmerange, qui devient son épouse, lui permet d'acquérir des forges à Hayange, avec les terres et les forêts des environs qui apporteront le minerai, le bois et l'eau nécessaires à la production de la fonte et au travail du fer. Ces acquisitions faites, il prend le titre de seigneur d'Hayange...
Il restait à bénir le fourneau et à faire la prière pour que Dieu le rende utile et productif... "Dieu tout-puissant et éternel, de qui procèdent toutes choses créées, et qui, par une admirable disposition de votre bonté, avez voulu qu'elles servent à l'usage des hommes... Bénissez, nous Vous en supplions humblement, ce fourneau et détournez-en les astuces et les ruses du démon et rendez-le utile et productif. Que les ouvriers professionnels sachent obtenir par la vertu d'un feu bien réglé un métal convenable. Accordez-leur aussi qu'en même temps augmente en eux la grâce du salut."
Il est vrai que, de même qu'il faut protéger la poule qui fait l'oeuf, il faut protéger, de toutes les façons abstraites possibles, les ouvriers que l'on exploite de toutes les façons concrètes possibles...
21:14 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : van daël, wendel, bruges, allemagne, lorraine, france, dieu



