03.02.2009

34 - La ruée vers l'or et le pillage organisé

   En ce début de XVIIIème siècle, une crise monétaire vient s'abattre sur l'Europe toujours en manque d'espèces sonnantes et trébuchantes. Le métal étant rare, le commerce stagne et l'économie est entravée dans son développement. Les importations considérables, en Europe,  de métaux précieux ne suffisent pas. D'où venaient ces métaux... précieux?

   Au XVème siècle, des tribus vivaient, depuis des millénaires, sur d'immenses territoires de l'autre côté de l'Oceanus Occidentalis (l'Océan Atlantique). Lorsque les aventuriers européens, dont le plus tristement célèbre s'appelle Christophe Colomb, traversèrent l'Oceanus et débarquèrent de l'autre côté, ils s'approprièrent aussitôt les terres, par la force la plus brutale, et s'installèrent comme colons sur les territoires devenus "Amériques"; pour y vivre, ils réduisirent les tribus au travail forcé, notamment dans les mines d'or et d'argent, les chassèrent vers les terres les moins fertiles ou les massacrèrent. Mais, en exterminant les tribus pour mieux s'approprier les richesses du sol et du sous-sol, foncier et maritime (pierres précieuses, perles de culture, etc.), ils s'étaient privés d'une précieuse main-d'oeuvre.

   Pour remplacer celle-ci, les colons, nobles et bourgeois, tentèrent, d'abord, d'importer d'Europe des pauvres gens, "volontaires" lié(e)s par contrat pour une durée plus ou moins déterminée, mais ces "volontaires", n'étant pas très nombreux(ses), malgré la misère dans laquelle ils-elles se trouvaient, à se présenter comme candidat(e)s à un voyage qui, souvent, se révélerait être le dernier, tant les conditions de travail y étaient terribles, les rabatteurs, à la solde des colons, ramassèrent et déportèrent, ensuite, par la force, hommes et femmes déclaré(e)s indésirables dans leur propre pays, vers le continent américain. Les résultats s'avérant décidément insatisfaisants, les bourgeois et nobles européens n'hésitèrent pas à s'engouffrer dans la traite des Noir(e)s qui allait fournir, à eux et à leurs amis des colonies, une main-d'oeuvre apparemment plus docile. Déporté(e)s dans des conditions inhumaines vers les Amériques, hommes, femmes et enfants, arraché(e)s à leurs terres d'Afrique et à leurs familles, allaient être mis(es) en esclavage dans les champs de cannes à sucre, de coton, de café, dans les fabriques sucrières, etc.   

   Il s'agit, du XVème au XIXème siècles, c'est-à-dire au-delà de la guerre d'indépendance américaine, de l'extermination d'un peuple puis de la déportation d'un autre peuple, les plus terribles qu'une poignée d'Européens, grands bourgeois et nobles (ceux-ci désireux de redorer leurs blasons), aient pu infliger à des peuples, et qui sont autant de crimes contre l'humanité restés impunis... Pire, en ce XXIème siècle, les dirigeants occidentaux font tout pour empêcher les descendant(e)s des tribus millénaires de retrouver leur place sur les territoires, en les tenant parqué(e)s dans des bidonvilles à la périphérie des agglomérations, et pour entraver le développement de l'Afrique par les Africain(e)s eux-(elles)-mêmes. La traite et la déportation, en s'emparant des Noir(e)s choisi(e)s parmi les plus vigoureux(reuses), ont rendu l'Afrique exsangue. S'appuyant sur les documents de l'UNESCO, publiés en 2004, Danielle Pétrissans-Cavaillès écrit: "De la sorte, la population africaine au milieu du XIXème siècle qui a été évaluée à 100 millions d'habitants, aurait été du double sans la traite."

   L'un des ancêtres d'Ernest-Antoine Seillière de Laborde, Jean-Joseph de Laborde, possédait des navires négriers déportant hommes, femmes, enfants d'Afrique vers les Amériques, notamment vers l'Île de Saint-Domingue dans laquelle il possédait des plantations...

    

 

 

Ecrire un commentaire