04.12.2008

31 - Le Banquet des Ogres

     C'est auprès de la famille Wendel que le président de la République française, Charles de Gaulle, se fournirait en secrétaires d'Etat et en ministres... Exemples:

     - Michel Debré, né d'un premier mariage de Robert Debré, deviendrait le beau-fils d'une Wendel, par le remariage de son père avec Elisabeth de La Panouse (fille de Sabine de Wendel et du vicomte Louis de La Panouse) mariée, en premières noces, au comte de La Bourdonnaye. Michel Debré sera Premier ministre du 8 janvier 1959 au 14 avril 1962.

     - Yves Guéna sera le directeur-adjoint de Cabinet de Michel Debré, alors Premier ministre, dès janvier 1959; il sera nommé ministre des Postes et Télécommunications en 1967, puis ministre de l'Information le 30 mai 1968, avant de redevenir ministre des Postes et Télécommunications la même année jusqu'en 1969. Il avait épousé Oriane, petite-fille de Sabine de Wendel et fille issue du premier mariage d'Elisabeth de La Panouse avec le comte de La Bourdonnaye.

     - François Missoffe sera nommé secrétaire d'Etat chargé du Commerce intérieur, dans le gouvernement de... Michel Debré, puis dans le premier gouvernement de Georges Pompidou; il sera ministre de la Jeunesse et des Sports de 1966 à 1968. Il faut dire que François Missoffe avait épousé Hélène de Mitry (petite-fille de François II de Wendel, fille de Marguerite de Wendel et du comte Emmanuel de Mitry, lui-même descendant des Wendel par la branche des Gargan). Hélène Missoffe deviendra secrétaire d'Etat à la Santé et à la Sécurité sociale dans le gouvernement Raymond Barre (1977-1978); quant à l'arrière-petite-fille de François II de Wendel, fille d'Hélène de Mitry et de François Missoffe, Françoise Missoffe, épouse de Guy de Panafieu, elle sera maire-adjoint de Paris, chargée de la culture, et décrochera un poste de ministre du Tourisme dans le gouvernement d'Alain Juppé, de mai à novembre 1995.

     - Jean François-Poncet était d'abord secrétaire d'ambassade en 1955; en 1957, il participait à l'élaboration du traité de Rome; en 1970, il est à la direction de Carnaud S.A., leader français de l'emballage alimentaire; le 29 novembre 1978, il sera ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Raymond Barre jusqu'au 13 mai 1981. Il avait épousé Marie-Thérèse de Mitry, une de Wendel elle aussi, soeur d'Hélène. 

     Quant au comte Geoffroy de Montalembert, vice-président du Sénat de 1959 à 1962, il avait épousé Odile de Wendel, fille d'Henri de Wendel et de Galliane de Soucy. 

     Précisons tout de suite que le frère de François II de Wendel, Maurice Marie Ignace de Wendel, avait épousé Andrée des Moustiers-Mérinville et que, de ce mariage, étaient nées quatre filles : Renée, Ségolène, France et Berthilde. Renée de Wendel devait épouser le baron Jean Seillière, fils d'Ernest-Antoine Seillière et de Germaine Demachy.

     Or, un autre Ernest-Antoine Seillière, qui fut président du MEDEF (ex-CNPF), de décembre 1997 au 5 juin 2005, est, depuis l'été 2005, le patron des patrons à l'échelle de l'Europe, puisqu'il est le président de l'UNICE rebaptisée, en janvier 2007, BUSINESSEUROPE. De 1964 à 1967, il s'était trouvé, au Quai d'Orsay (ministère des Affaires étrangères) aux côtés de Lionel Jospin. Ernest-Antoine Seillière n'est autre que le fils de Renée de Wendel et de Jean Seillière.

     Si nous ajoutons qu'autrefois les Neuflize (entreprises textiles, sidérurgiques, bancaires) s'étaient alliés aux Schneider (entreprises sidérurgiques), que les Schneider s'étaient alliés aux Wendel par les Curel, et que les Seillière (entreprises bancaires, sidérurgiques, textiles) s'étaient alliés aux Demachy (entreprises bancaires), que l'ex-banque Seillière devenue banque Seillière-Demachy, puis banque Demachy, est entrée, par les fusions, dans la grande banque Mallet-Neuflize-Schlumberger-Demachy, en 2002, laquelle banque gère les plus grandes fortunes, se trouvait effectivement autour de la table gaulliste du 24 novembre 1959, à travers ces quelques familles bourgeoises qui n'ont jamais renoncé à leur anoblissement et même qui le revendiquent, la fine fleur de la démocratie républicaine...

 

 

   

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